Station Santé

Blessures, vieillissement et ménopause

Est-il vrai que les blessures, le vieillissement et la ménopause ne font, en général, pas bon ménage.

On pourrait dire que le corps humain arrive au monde parfaitement équipé de défenses innées, ou non spécifique, étant donné que ces défenses font partie de notre anatomie.  Au fur et à mesure que l’on avance en âge, nous avons tendance à restreindre nos activités physiques parfois par crainte de se blesser et de subir les conséquences d’une mauvaise récupération qui affectera notre qualité de vie à long terme.  Il est tout à fait normal de ressentir ces craintes car les blessures, le vieillissement et la ménopause ne font, en général, pas bon ménage.

Nous pouvons subir une blessure à tout moment.  Un pied mal placé sur une marche peut se transformer en chute;  la position de notre pied peut être dû à notre vision qui n’est plus aussi bonne, ou à un manque de coordination ou de proprioception.

La maîtrise neuro-musculaire atteint son développement maximal vers le milieu de l’adolescence.  Les muscles squelettique sont richement vascularisé mais pendant le vieillissement, ils deviennent fibreux, perdent de la force et s’atrophient; cependant, ce processus peut être ralenti si on suit un programme d’exercices approprié.

La capacité du système immunitaire à reconnaître les substances étrangères est déterminée de façon générique.  Cependant, le système nerveux joue également un certain rôle, et la recherche en psycho-neuro-immunologie (étude de la relation entre le cerveau et le système immunitaire) a commencé à apporter des réponses.  Ainsi, on  sait maintenant que la réaction immunitaire est effectivement affaiblie chez les personnes déprimée ou très stressées, par exemple chez celles qui vivent le deuil d’un être proche.

A partir d’un certain âge, l’efficacité du système immunitaire commence à décroître donc sa capacité de lutter contre l’infection et de réparer les blessures diminue.

Qu’est ce qui se passe quand on se blesse

On se brise un os, on déchire un muscle, on disloque une articulation, etc. on expérimente automatiquement l’inflammation de cette partie de notre corps.  L’inflammation c’est la protection: l’inflammation est un processus naturel et protecteur résultant d’une agression (allergie, infection, blessure…) et qui peut parfois devenir délétère lorsqu’il est victime d’un dysfonctionnement. L’inflammation est un mécanisme de défense de première ligne face à une agression. Elle a pour objectif de reconnaître, détruire et éliminer toutes les substances qui lui sont étrangères.

Ci-après l’image illustre bien la réaction inflammatoires provoquée par une épine plantée dans la peau. Les cellules immunitaires affluent et le site de la réaction gonfle et rougit.

La réaction à la blessure par de l'inflammation

Qu’est-ce qu’il se passe lors d’une réaction inflammatoire ?

La détection de l’agression par l’organisme entraîne une arrivée massive de cellules immunitaires sur le site concerné. Pour cela, les vaisseaux sanguins de la zone se dilatent et les cellules immunitaires sur place produisent des molécules qui activent et attirent leurs congénères en fonction de la menace identifiée. C’est ce qui cause les rougeurs, gonflements, douleurs et sensation de chaleur souvent présentes sur le site de l’inflammation.

Notre corps se protège et mets tout en place pour se réparer.  Par contre, si notre système immunitaire est déficient, la guérison risque d’être plus longue et pas nécessairement complète.

La dégénérescence des tissus

Chez les personnes qui ont une alimentation adéquate et une bonne circulation et qui ne subissent pas trop de blessures ou d’infections, les tissus fonctionnent efficacement jusqu’au milieu de l’âge adulte.  Puis, avec l’âge, les épithéliums s’amincissent et des fragilisent.  La quantité de collagène diminue dans l’organisme par conséquent, la réparation des tissu perd en efficacité et les tissus osseux, mucilage et nerveux s’atrophie progressivement.  Ces phénomènes sont en partie attribuables à une diminution de l’efficacité circulatoire qui réduit l’apport de nutriments aux tissus mais dans certain cas, ils sont reliés au régime alimentaire.

En effet, les personnes âgées qui n’ont pas assez d’argent pour bien se nourrir et celles qui ont de la difficulté à mastiquer consomment le plus souvent des aliments mous, pauvres en protéines et en vitamines.  Elles nuisent ainsi au maintien de l’intégrité de leurs tissus.

Les blessures et la ménopause

Y-t-il donc un impact de la diminution du taux d’Œstrogène sur la régénération des tissus

Dans la recherche Effet des œstrogènes sur la performance musculosquelettique et le risque de blessures (Frontiers in Physiology) publiée au début de l’année 2019, on réponds assez bien à la question concernant les effets du déclin de l’oestrogène sur les tissus, chez la femme.

L’œstrogène à un effet dramatique sur la fonction musculo-squelettique. Au-delà de la relation connue entre l’œstrogène et l’os, elle affecte directement la structure et la fonction d’autres tissus musculo-squelettiques comme le muscle, le tendon et le ligament. Dans ces autres tissus musculo-squelettiques, l’œstrogène améliore la masse et la force musculaires et augmente la teneur en collagène des tissus conjonctifs. Cependant, contrairement aux os et aux muscles où l’œstrogène améliore la fonction, dans les tendons et les ligaments, l’œstrogène diminue la rigidité, ce qui affecte directement la performance et les taux de blessures. Des niveaux élevés d’œstrogènes peuvent diminuer la puissance et la performance et rendre les femmes plus sujettes aux lésions ligamentaires catastrophiques.

Le rôle de l’oestrogène sur les tissus

Au-delà de son rôle en tant qu’hormone sexuelle, l’œstrogène joue un rôle important dans le développement, la maturation et le vieillissement des tissus extra-gonadiques comme les os, les muscles et les tissus conjonctifs.

Les récepteurs d’œstrogènes sont présents dans tous les tissus musculo-squelettiques, y compris les muscles, les ligaments et les tendons.

Chez les femmes ménopausées, on a observé des taux plus élevés de synthèse et de dégradation des protéines musculaires que chez les hommes et les femmes pré-ménopausées. Même si l’on peut s’attendre à ce que des taux plus élevés de renouvellement des protéines améliorent la qualité musculaire, ces femmes connaissent toujours une diminution rapide de leur masse musculaire et de leur force, et sont donc plus vulnérables à la fragilité liée à l’âge.

Dans l’appareil locomoteur, les tendons et les ligaments fonctionnent comme des tissus conjonctifs entre l’os et le muscle et entre l’os et l’os, respectivement. Étant donné qu’un ligament, tel que le Ligament Croisé Antérieur dans le genou, montre une relation directe entre laxité et rupture, un ligament plus rigide est préférable pour maintenir la stabilité articulaire et prévenir les blessures. En raison de son rôle dans la connexion d’un muscle élastique à un os rigide, un tendon plus rigide n’est pas toujours bénéfique. En termes de performance, un tendon rigide transmet plus rapidement la force produite par un muscle à l’os, ce qui peut améliorer la performance. Cependant, lorsqu’un tendon devient trop rigide, cela produit une concentration de tension dans le muscle. Cela signifie qu’une plus grande partie de la tension (étirement) produite lors d’un mouvement donné est concentrée dans le muscle qui est relié à un tendon rigide qu’un muscle attaché à un tendon élastique.

Maximiser la fonction musculo-squelettique chez la femme ménopausée

Étant donné les données parfois confuses sur le rôle de l’œstrogène dans la fonction musculo-squelettique, la question que se posent de nombreuses femmes actives est : « D’après nos connaissances actuelles, quelles recommandations peut-on faire pour maximiser la fonction musculo-squelettique ? ».  Nous parlons ici d’une activité de niveau normal et non d’athlètes de haut niveau.

Chez les femmes ménopausées, la stratégie est moins claire. Dans cette population, l’hormonothérapie substitutive améliore la masse et la fonction musculaires en améliorant la réparation musculaire et la réponse à l’alimentation et à l’exercice. La masse osseuse et la fonction osseuse sont également améliorées par l’HTS. Le problème est que l’utilisation à long terme de l’HTS est associée à une diminution de la section transversale des tendons, surtout dans une population active. Le résultat peut être un muscle plus gros et plus fort qui tire sur un petit tendon cassant qui est à son tour relié à un os plus rigide. Il en résulterait une inadéquation accrue de l’impédance, des différences de rigidité entre les tissus connectés, qui peuvent produire des concentrations de déformation et favoriser les lésions.

Cependant, ne pas prendre de THS accélérerait la sarcopénie et l’ostéoporose. Par conséquent, à ce jour, les données suggèrent que l’hormonothérapie substitutive est bénéfique pour la fonction musculo-squelettique chez les femmes ménopausées, mais il faut faire très attention pour maximiser la fonction tendineuse. Ce qui manque vraiment pour ces femmes, c’est un moyen d’obtenir les effets positifs de l’œstrogène sur la réparation musculaire et osseuse et les réactions anaboliques à la charge et la nutrition sans les effets négatifs à long terme sur le tendon. Les phytoestrogènes peuvent donner de l’espoir, mais il reste encore beaucoup à faire pour établir l’efficacité de ces produits naturels.

L’effet dramatique sur la fonction musculo-squelettique

Il est clair que l’œstrogène à un effet dramatique sur la fonction musculo-squelettique. Dans le passé, une grande partie de la recherche s’est concentrée sur le lien étroit qui existe entre l’œstrogène et les os. Cependant, récemment, l’effet de l’œstrogène sur d’autres tissus musculo-squelettiques comme les muscles, les tendons et les ligaments a fait l’objet d’autres recherches. Ces études montrent clairement que l’œstrogène améliore la protéostase musculaire et augmente la teneur en collagène des tendons ; cependant, les bienfaits sur les os et les muscles se font au détriment de la rigidité du tissu conjonctif. Du point de vue de l’évolution, c’est logique, car des articulations plus laxistes et une meilleure réparation après une blessure faciliteraient un accouchement et un rétablissement sains.

Cependant, à mesure qu’un plus grand nombre de femmes font du sport, il est clair que ces effets physiologiques de l’œstrogène contribuent à diminuer la puissance et la performance et rendent les femmes plus sujettes aux lésions ligamentaires catastrophiques. Afin de promouvoir la participation des femmes à un mode de vie actif tout au long de leur vie, d’autres recherches sont nécessaires pour déterminer comment la nutrition, l’entraînement et la manipulation hormonale peuvent être utilisés pour promouvoir une performance optimale à tout âge.  Pour l’étude complète ICI.

la connection Psychologique avec les blessures

Tel que mentionné plus haut, on  sait maintenant que la réaction immunitaire est affaiblie chez les personnes déprimée ou très stressées.

Est-ce qu’on pourrait dire que les femmes en phase de changement hormonal sont plus stressées.

Si l’individu est plus stressé, il en va de soit que sa réponse immunitaire sera affectée et la guérison aussi.

Les cicatrices

Je distingue les cicatrices en deux catégories;  superficielle ou physique ou apparente et psychologique.

Les cicatrices apparentes sont ce quelles sont, on les voit; une cicatrice au genou, au poignet, etc.

Par contre les cicatrices psychologiques sont beaucoup plus difficiles à percevoir et surtout à guérir.  Souvent associé à un choc post-traumatique, ces cicatrices ont un effet beaucoup plus important sur notre vie que l’on peut l’imaginer.

Dans l’exemple suivant, je vous explique l’impact psychologique sur la guérison d’une blessure:

Dans un premier temps nous avons une femme qui est impliquée dans un accident de la route;  son véhicule est percuté du coté du passager, la secousse est assez violente pour entraîner une blessure à son bras droit, fracture simple de l’os Radius.  S’en suit une visite à l’hôpital avec immobilisation du membre pendant un nombre X de semaines, courte réhabilitation et la vie continue en moins d’un an. Elle est seule dans le véhicule au moment de l’incident.

Dans notre deuxième situation; nous avons une femme qui est impliquée dans un accident de la route;  son véhicule est percuté du coté du passager, la secousse est assez violente pour entraîner une blessure à son bras droit, fracture simple de l’os Radius.

S’en suit une visite à l’hôpital avec immobilisation du membre pendant un nombre XX de semaines, réhabilitation de plusieurs semaines et sa vie ne sera plus la même, elle a subit une perte de mobilité permanente du membre. Elle était accompagnée de son petit fils de quatre ans assit sur le banc derrière elle au moment de la tragédie.  Le petit était bien attaché dans son banc mais les éclats de verre brisés lui ont infligés des blessures superficielles au visage et l’accident a provoqué une crise d’hystérie chez l’enfant.  La femme revoit sans cesse le visage ensanglanté de l’enfant et entend aussi ses cris dans sa tête.

Je crois que vous comprenez la nuance entre les deux incidents et que vous comprenez aussi la différence dans le processus de rétablissement des deux victimes.

Nous ne devons pas négliger l’impact psychologique sur la guérison de nos blessures.

Louise Therrien ND

Vous inscrire ICI

VERSION AUDIO

Autre source : Anatomie et physiologie humaine, 3ieme édition Elaine N. Marie

One Comment

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :