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Déficiences micronutritionnelles, obésité et ménopause

Est-ce que l’on peut affirmer sans aucune hésitation que les personnes souffrant d’obésité souffrent automatiquement de déficience micronutritionnelle et quel est le lien avec les symptômes de la ménopause.

Qu’est-ce que l’obésité

Définition

Selon le site internet de l’Institut National de Santé Publique:Au niveau populationnel l’obésité se mesure avec l’indice de masse corporelle (IMC). L’IMC correspond au poids de la personne (en kilogrammes) divisé par sa taille (en mètres) au carré. Une personne ayant un IMC égal ou supérieur à 30 est considérée comme obèse (Santé Canada, 2003).  À titre d’exemple, un homme de 178 cm (5’10’’) est considéré obèse s’il pèse plus de 95 kg (210 lb) et une femme de 165 cm (5’5’’) si elle pèse plus de 81 kg (180 lb). Toutefois, il est reconnu que l’obésité est sous-estimée, car sa mesure est fondée sur de l’information auto rapportée (poids et taille).

Indice de Masse Corporelle

La mesure de l’IMC comme facteur d’Obésité est de plus en plus discutable, selon les scientifiques:

L’indice de masse corporelle (IMC) passe pour le meilleur indicateur de la masse graisseuse, mais de plus en plus de scientifiques pensent qu’il n’est pas aussi révélateur qu’on le croit.  En 2013, selon un éditorial de la revue Science, il ne mesure pas avec précision la distribution et le volume de cette graisse (elle est moins nocive lorsqu’elle est également répartie que si elle est concentrée sur le ventre, car elle s’accumule autour des organes internes) ni le pourcentage de tissu musculaire et adipeux (les culturistes peuvent présenter l’IMC d’une personne en surpoids ou obèse).

Selon les estimations, 24 % des adultes dont l’IMC est « normal » montrent en réalité des symptômes d’insulino-résistance (mictions (urines) très fréquentes, soif excessive, faim extrême, vision floue, manque d’énergie et fatigue extrême, engourdissements et picotements dans les mains et les pieds, cicatrisation lente des blessures et infections récurrentes) et sont plus exposés que la moyenne aux maladies cardiaques, peut-être parce qu’ils ont beaucoup de graisse et peu de muscle. A contrario, 10 % des adultes « obèses » d’après l’IMC sont en bonne santé, sans doute parce qu’ils sont très musclés.

La différence de l’IMC entre les individus

Selon le Dr Arya Sharma, professeur en médecine et président de la chaire de recherche sur l’obésité à l’Université de l’Alberta, l’indice demeure utile aux autorités sanitaires par exemple, qui veulent savoir si la population nationale prend du poids. « Sur le plan individuel l’IMC ne veut pas dire grand-chose. Prenez deux sujets qui ont exactement le même résultat : la graisse peut représenter 40 % de la masse corporelle chez l’un, qui aura tous les problèmes qui accompagnent l’obésité, et à peine 20 % chez l’autre, qui sera en bonne santé. »

L’IMC demeure une mesure importante dans l’évaluation de la santé générale du client mais pas l’ultime indicateur de santé.

L’Analyse de composition corporelle

Il existe plusieurs façons de mesurer le taux de masse adipeuse.

A droite, un exemple d’analyse de composition corporelle par le biais d’une balance qui dit tout!  La Tanita SC240.  Ces données démontrent de façon assez précise la composition corporelle de l’individu.

On voit que cette personne pèse 182lbs et que de ce poids sa masse adipeuse équivaut à 72,16lbs, donc 39.7% de son poids total est de la masse adipeuse.

Selon l’INSP (ci-haut mentionné), les personnes avec un ICM de plus de 30 sont considérées obèse.  Les résultats de l’analyse à droite, démontrent que cette personne a un ICM de 28.6 soit en dessous du seuil critique de 30.   Par contre les résultats de l’analyse donnent aussi un Physique Rating = Obèse (2).

Une autre donnée que cette analyse démontre, l’âge métabolique.  Cette personne à 48 ans mais sont âge métabolique est celle d’une personne de 63 ans!

 

 

La deuxième section, toujours à droite, nous démontre clairement 4 paramètres auxquels nous devrions tenir compte lors de l’analyse de composition corporelle:  IMC + % de gras + % d’hydration + taux de gras viscéral.

Paramètres

Ici on voit clairement que les paramètres de définition d’excès de poids varient grandement d’une personne à l’autre.  Pour cette femme, on suggère: Un poids entre 117,7lbs et 158,4lbs, un pourcentage de gras entre 23 et 34% soit entre 32,78lbs et 56,32lbs et un ICM entre 18.5 et 24.9.

Ce dont on parle quand on parle de gras

Depuis déjà un certain nombres d’années, la communauté médicale qualifie la masse adipeuse d’organe toxique.

Selon NIH (National Institute of Health) l‘étude publiée en 2016 sur le sujet révèle ce qui suit:

Le tissu adipeux est un organe remarquablement complexe qui a des effets profonds sur la physiologie et la pathophysiologie, mais il n’a pas toujours été considéré sous cet angle.

Jusqu’à la fin des années 1940, le tissu adipeux était caractérisé comme une forme de tissu conjonctif qui se trouvait contenir des gouttelettes de lipides, sans que ce fait soit lié de manière significative au métabolisme de l’organisme. Cette situation a commencé à changer progressivement avec la prise de conscience du fait que le tissu adipeux joue un rôle majeur dans l’homéostasie des nutriments, servant de site de stockage des calories après l’alimentation et de source d’acides gras libres circulant pendant le jeûne.

De la fin des années 1980 au milieu des années 1990, on a découvert des facteurs sériques dérivés de l’adiposité, comme l’adipsine, le TNF-α et la Lettonie. Soudain, le tissu adipeux a dû être considéré comme un organe endocrinien au centre de l’homéostasie énergétique. A partir de ce moment, les études sur les aspects développementaux, fonctionnels et physiopathologiques du tissu adipeux se sont considérablement développées. Le regain d’intérêt pour la graisse s’est produit simultanément avec une augmentation considérable des taux globaux d’obésité et de diabète de type ; ce n’est pas une coïncidence, bien sûr. Nous avons atteint le point d’inflexion où le fardeau mondial de la souffrance due à la surnutrition dépasse celui de la sous-nutrition pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, avec 1,7 milliard de personnes classées comme obèses (Haslam et James, 2005). Compte tenu de son rôle central dans l’homéostasie de l’énergie et du glucose, l’intérêt pour  » résoudre  » l’adipocyte n’a jamais été aussi grand et ne montre aucun signe de diminution.

Expansion du tissu adipeux dans l’obésité : plus gros vs. plusieurs

Un des attributs uniques du tissu adipeux est son incroyable capacité à changer ses dimensions ; aucun autre tissu non plastique ne partage cette caractéristique au même degré. En principe, on peut y parvenir en augmentant la taille des cellules individuelles (hypertrophie) ou en recrutant de nouveaux adipocytes dans le pool de progéniteurs résidents (hyperplasie). En cas de surnutrition, les dépôts adipeux se développent d’abord par hypertrophie jusqu’à atteindre un seuil critique (~0,7-0,8 ug/cellule), à partir duquel des signaux sont émis qui induisent la prolifération et/ou la différenciation des pré-adipocytes (Krotkiewski et al., 1983).

Chez les humains, la suralimentation pendant plusieurs mois provoque une augmentation de la taille des cellules mais pas de leur nombre (Salans et al., 1971) ; une version plus récente de cette étude suggère que la suralimentation induit une hypertrophie de la graisse sous-cutanée du haut du corps, mais une hyperplasie des dépôts sous la taille (Tchoukalova et al., 2010). Plus récemment, le marquage des isotopes stables provenant des essais d’armes nucléaires du milieu du siècle a été exploité pour suggérer que le nombre d’adipocytes se fixe pendant l’enfance et le début de l’âge adulte, les personnes obèses atteignant un  » plateau  » plus élevé (Spalding et al., 2008).

Il est intéressant de noter qu’une fois que les adipocytes sont gagnés, ils sont difficiles à perdre, car même une perte de poids importante est associée à une réduction du volume des adipocytes mais pas de leur nombre total (Bjorntorp et al., 1975 ; Kral et al., 1977). Cela ne veut pas dire que les adipocytes ne meurent jamais, car environ 8 % des adipocytes sous-cutanés humains se renouvellent chaque année, les taux de naissance et de décès étant appariés pour entraîner peu de changement dans le nombre total de cellules (Spalding et al., 2008). Les adipocytes peuvent mourir par nécrose ou apoptose, bien que la contribution relative de chaque processus soit débattue (Cinti et al., 2005).

Quel est le rôle du tissu adipeux

La fonction de loin la plus importante du tissu adipeux est celle de maître régulateur de l’équilibre énergétique et de l’homéostasie nutritionnelle.

La tendance du tissu adipeux à stocker des choses est un effet secondaire malheureux, car souvent nous avons besoin que ces choses circulent, et non qu’elles restent en place. Prenez les hormones, par exemple. La graisse corporelle féminine produit en fait une partie de ses propres œstrogènes en plus de les stocker, et plus une personne a de tissu adipeux, plus elle est exposée aux œstrogènes. C’est pourquoi l’embonpoint augmente le risque de cancer du sein. De nombreux types de cancer du sein sont causés par un mauvais fonctionnement des récepteurs d’œstrogènes, qui sont plus susceptibles de se détraquer lorsqu’il y a plus d’œstrogènes pour les stimuler.

Les vitamines posent le problème inverse. L’adiposité aspire les vitamines liposolubles disponibles (celles qui sont cachées dans le tissu adipeux au lieu d’être excrétées dans l’urine) – A, D, E et K – et souvent n’en laisse pas assez pour le reste de l’organisme. Des études suggèrent que les personnes obèses ont tendance à souffrir de carences en vitamine D parce que tout est caché dans leur tissu adipeux. Ces vitamines peuvent revenir au fur et à mesure que vous perdez du poids et que vous réduisez votre masse grasse, vous permettez également à une plus grande quantité de votre nouvelle vitamine D de rester dans votre circulation sanguine. Les composés solubles dans l’eau peuvent être éliminés si vous en prenez trop, mais comme les vitamines stockées dans votre tissu adipeux peuvent continuer à s’accumuler, vous pouvez éventuellement faire une surdose. C’est rare, mais ça arrive.

La graisse est également un espace (temporairement) sûr pour stocker les polluants et autres produits chimiques organiques qui pourraient autrement constituer une menace. Les pesticides organochlorés s’accumulent dans les graisses, tout comme les biphényles polychlorés des liquides de refroidissement et d’autres produits chimiques provenant de la  » sale douzaine  » de contaminants environnementaux. Ces produits chimiques interdits peuvent s’introduire dans votre alimentation en petites quantités et sont stockés dans votre graisse, peut-être parce que votre corps veut les séquestrer loin de vos organes. Les corps ne semblent pas en stocker suffisamment pour devenir toxiques, mais l’accumulation constante vous rend vulnérable à l’exposition. Et ils commencent à réapparaître lorsque vous perdez du poids.

Sûr ou pas, il est préférable de ne pas donner à votre corps un endroit où stocker toutes les hormones et les vitamines qu’il peut accumuler. Notre corps n’est pas conçu pour retenir l’excès de graisse corporelle et rester en bonne santé – c’est pourquoi l’obésité est un facteur de risque pour tant de maladies.  Article complet ICI

Ceci étant dit

On ne devient pas obèse en mangeant du céleri!  Une alimentation déséquilibrée, pauvre en antioxydants et en acides gras polyinsaturés et riche en graisses saturées résulte donc en un surplus de tissus adipeux et cette obésité ce traduit un état micronutritionnel déficitaire dans un premier temps.  Ces micronutriments jouent un rôle important dans l’inflammation, le syndrôme métabolique et la résistance à l’insuline et peuvent également influencer la perte de poids.

Plusieurs auteurs ont aussi rapporté que l’absorption, la distribution, le métabolisme et l’excrétion des nutriments chez les personnes obèses pouvaient être altérés.1,4 Les déficiences les plus marquées concernent les minéraux (zinc, sélénium) et les vitamines (acide folique, vitamines A, E, D et B12).5 Ces derniers sont des marqueurs du stress oxydatif qui ont une influence sur le syndrome métabolique.6

En plus, certains acides gras essentiels tels que les acides gras polyinsaturés (oméga 3 et oméga 6) sont aussi abaissés chez les patients avec un indice de masse corporelle (IMC) > 25 kg/m2. Des études montrent qu’une supplémentation en oméga 3 aurait des effets positifs sur le syndrome métabolique, la résistance à l’insuline ainsi que sur la diminution des triglycérides plasmatiques.7,8

Carence en Vitamines

Les vitamines A, D et E seraient régulièrement abaissées chez les patients obèses. Cette déficience peut avoir des conséquences sur le profil métabolique et les différentes complications de l’obésité.  La vitamine A (β-carotène) existe sous forme de rétinol dans les produits animaux (viandes, produits laitiers, foie, etc.) et sous forme de caroténoïdes provitaminiques dans les aliments d’origine végétale (carottes, abricots, etc.).

Minéraux, oligo-éléments et vitamines hydrosolubles

Comme pour les vitamines, certains minéraux et oligo-éléments sont souvent abaissés chez les personnes obèses. Les plus courants sont le zinc, le sélénium, l’acide folique ainsi que la vitamine B12.

Ces minéraux, oligo-éléments et vitamines hydrosolubles auraient plusieurs rôles à jouer dans des mécanismes liés à l’obésité.16 Plusieurs études, menées chez des candidats à la chirurgie bariatrique, montrent des carences en minéraux et oligo-éléments importants en préopératoire. Les déficits les plus marqués chez ces patients obèses sont la vitamine B12, l’acide folique, la vitamine D ainsi que le potassium.17-19 De plus, certains auteurs soulignent que plus l’IMC est élevé, plus les taux de micronutriments sont abaissés.1 En ce qui concerne le zinc et le sélénium, ils seraient tous deux impliqués dans la régulation de l’insuline et plus particulièrement dans l’augmentation de la sensibilité à l’insuline.16,20

Acides Gras

Il est bien connu qu’un excès de graisse dans l’alimentation favorise la prise de poids, les maladies cardiovasculaires et métaboliques. Par ailleurs, les acides gras sont indispensables au bon fonctionnement des cellules, ils sont utilisés comme substrat énergétique, transportent et favorisent l’absorption des vitamines liposolubles (A, D, E et K) et jouent un rôle d’isolant thermique pour l’organisme. Outre l’aspect quantitatif, la qualité des graisses ingérées joue un rôle important sur la santé.21

Quelques faits sur la déficience micronutionnelle après la chirurgie bariatrique

Dans l’éventualité où l’individu choisi de subir une chirurgie bariatrique pour remédier a son problème d’obésité, il est important de prendre note de l’incidence de celle-ci sur les carences micronutritionnelles.

Pour une prise en charge globale, il est important de promouvoir une alimentation équilibrée, comprenant en majorité des aliments complets, des légumes, des fruits et du poisson. Une alimentation riche en acides gras polyinsaturés et plus particulièrement les oméga 3, ainsi que des aliments riches en vitamines antioxydantes devraient être privilégiés chez les patients obèses.  Article complet ICI

Ménopause et obésité

Comme on sait déjà que l’apport nutritionnel quotidien en vitamines, minéraux et oligo-éléments est essentiel pour le bon fonctionnement de tout nos systèmes, vous comprenez maintenant le rôle que joue le tissus adipeux dans l’état de carence de ses éléments.

Si on revient sur le fait que la graisse corporelle féminine produit en fait une partie de ses propres œstrogènes en plus de les stocker, et plus une personne a de tissu adipeux, plus elle est exposée aux œstrogènes, on comprend que la masse adipeuse engendre un tourbillon d’effets secondaires qui ont un impact sur les symptômes de la ménopause.

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